08 décembre 2007
Ségolène is back !
C'est jeudi 7 décembre à 20h50 sur France 2 que Ségolène Royal a choisi de concrétiser son grand retour dans l'arène médiatique. Un retour en force, à coup sûr, et surtout en mots, avec la parution toute récente de son livre, Ma plus belle histoire, c'est vous, dont le titre n'est évidemment pas sans rappeler la chanson de Barbara. Invitée phare de l'émission A vous de juger, elle fait part à Arlette Chabot de son enthousiasme à refaire surface des fonds amers de l'océan de la défaite. Une heure durant, elle donne à ses détracteurs une belle leçon d'humilité doublée d'une invitation au combat citoyen à ses côtés ; elle est donc ressortie plus forte encore de cette aventure qu'a été l'élection présidentielle. Plus forte, et surtout plus libre.

Tout au long de l'entretien, elle se montre plutôt détendue, contrairement à ce qu'auraient pu laisser présager les premiers instants qui ont suivi son arrivée sur le plateau, où sa nervosité était palpable. Nerveuse, elle aurait de nombreuses raisons de l'être : que légitimait sa présence dans une émission politique de prime-time ? Qu'a-t-elle donc fait qui puisse donner lieu à une cérémonie - toute informelle qu'elle pût être - comme celle-ci ? Ségolène signe son retour, et après ? Face à toutes ces interrogations, elle fait preuve d'une ferveur si remarquable qu'à elle seule elle suffirait pour justifier l'entretien.
Quand Arlette Chabot, incarnation d'une certaine conception du journalisme politique à la fois pertinent, ferme et dénué de toute agressivité, titille la présidente de la région Poitou-Charentes sur certains points de la campagne présidentielle, qui, au passage, s'est révélé être à ce jour l'une des plus passionnnantes et passionnées de la Vème République, l'intéressée pèse ses mots et explique posément qu'elle n'est pas venue pour éreinter les ténors - bien aphasiques en ce moment - du Parti Socialiste et encore moins pour leur imputer son échec en mai 2007. Elle tient à montrer qu'elle fait plus que jamais partie de l'échiquier politique français et international, en témoigne le succès qu'elle rencontre à chacun de ses voyages à l'étranger, notamment en Amérique du Sud.
Elle profite de l'occasion que représente la vitrine télévisuelle pour démonter, domaine après domaine, le système Sarkozy ; même si elle s'accroche régulièrement à ses thèmes de prédilection, que sont l'international et surtout l'éducation, qu'elle considère comme une priorité en politique, elle agrandit son champ de réflexion à l'économie, qui n'est pourtant pas le domaine qu'elle maîtrise le mieux ; elle l'a sûrement travaillé, mais elle l'a très bien travaillé. Avec l'équipe de choc qu'elle s'est constituée et son cercle de relations qu'elle a étendu (voir le dossier du Point du 30 novembre dernier intitulé La guerre secrète de Ségolène), elle est parvenue à tisser une toile résistante dans le réseau médiatique français, plus solide en tout cas que celle dont elle disposait pendant la campagne.
Le retour de Ségolène s'est dans un premier temps fait dans l'ombre, donc, et c'est sur le plateau d'Arlette Chabot, formidable coup de projecteur braqué sur son avenir politique et ses idées, qu'elle veut signifier à tous qu'elle est prête à repartir au front. Ségolène est là pour prouver qu'elle sait tenir ses engagements. Le soir de sa défaite, elle avait dit qu'elle reviendrait et que les Français pourraient continuer à compter sur elle. Il est donc bien puéril de penser que les promesses en politique ne sont que de vaines paroles.
